
Comme chaque année, l'association Chaban aujourd'hui a organisé son dîner annuel au Press Club de France. Cette année, l'invité d'honneur était Jacques Delors, ancien ministre des finances, président de la commission européenne mais surtout un ancien collaborateur de Jacques Chaban Delmas à Matignon. Etaient également présents au dîner : Ernest-Antoine
Seillière, Christian Gérondeau, Gérard Wörms, Yves Cannac, tous collaborateur
de Chaban à Matignon mais aussi Jean Charbonnel…
Voici un résumé très (trop) condensé des propos de Jacques
Delors :
Jacques Delors est revenu sur l’importance du projet
«Nouvelle Société ». La France sortait de mai 68 et de la réaction de
1969. La France aspirait à la modernité. S’il a remercié Yves Cannac pour son
rôle primordial dans l’écriture du projet, il a souligné que le projet émanait
de Chaban-Delmas lui-même. Il a su s’entourer d’intellectuels et se baser sur
leur travail souterrain. Malheureusement, pour reprendre les propos d’un
politologue américain célèbre : «La France ne se modernisera
jamais ». Chaban-Delmas – populaire au départ – n’a pas su imposer la
Nouvelle Société sur le long terme. Jacques Delors s’est alors essayé à la
comparaison avec l’actuel président de la République : Nicolas Sarkozy. Il
reconnaît au Président un point fort : le corpus de valeur qu’il a su
créer. Si Nicolas Sarkozy a bousculé la France, Jacques Delors s’interroge sur
la pédagogie employée et sur le sens donné au long terme.
La réforme voulue et engagée par Jacques Chaban-Delmas est
née d’une volonté politique. Il a réussi à réformer l’audiovisuel.
Malheureusement, le temps lui a manqué. Il n’a pas réussi à imposer une
nouvelle façon de vivre, de nouvelle relation sociale. Il a cependant pu
distiller sa vision de l’Europe et d’imposer la France comme moteur.
La France de Jacques Chaban-Delmas pourrait se résumer à la
phrase de Jacques Fauvet : «la France immuable est
changeante ».
Cette année, Entrée Libre, représentée par Julien Serey et
Thibaut Grapton, était présente à ce dîner.